05Apr

Le vernissage du livre Le Duel, Le Duo de la Teranga d'Amina Nsenga a réuni experts et public autour d'une question universelle : comment transformer son duel intérieur ce combat silencieux avec soi-même, né des blessures et des conditionnements en duo, fait de solidarité, d'écoute et de complémentarité. Cinq expertes, des témoignages puissants du public et un moment rare où Amina Nsenga a adressé un mot personnel à chaque personne connue dans la salle ont fait de cette soirée bien plus qu'un événement littéraire une expérience humaine profonde, portée par l'esprit de la Teranga.

Un voyage intérieur vers l'alignement

Il y a des mots qu'on n'ose pas . Des combats qu'on mène seule, dans le silence de ses propres pensées, loin des regards. C'est de ce silence-là que nous avons voulu parler. De ce duel intérieur que tant d'entre nous portent sans jamais le nommer  non pas un duel contre une autre, jamais, mais un duel avec soi-même.

Hier s'est tenu l'événement Ode Aux Femmes Du Duel au Duo de la Teranga. Une soirée qui n'a pas simplement réuni des personnes : elle a ouvert un espace de vérité rare, où la parole a pu descendre au fond des choses.

Un combat intérieur, pas une guerre entre nous

Il n'a jamais été question ici d'opposition entre femmes. Le duel dont nous parlons ne se joue pas entre nous. Il se joue en nous. Il naît des blessures accumulées, des conditionnements intériorisés depuis l'enfance, des voix absorbées au fil des années qui deviennent, à notre insu, notre propre voix intérieure.

Ce chemin intime, parfois invisible, chacune le traverse pour se comprendre et s'aligner avec elle-même. Et ce duel n'appartient pas qu'aux femmes les hommes aussi vivent ces mêmes tensions, ces mêmes quêtes d'harmonie intérieure que la société leur demande trop souvent de taire.

Chercher de l'aide n'est pas une faiblesse

L'événement a porté un message fort : chercher l'écoute d'un professionnel n'est pas une faiblesse. C'est l'un des actes les plus courageux qu'on puisse poser.

Nous vivons dans des cultures où l'on valorise la résistance, l'endurance, le fait de tenir seule. Mais cette armure nous étouffe. Elle nous isole. Elle nous empêche d'accéder à ce que nous portons réellement à l'intérieur et donc de le transformer.

Écouter son corps, ses émotions, accepter d'être accompagnée : ce ne sont pas des signes de fragilité. Ce sont des outils puissants de reconnexion avec soi-même. Et c'est de cette reconnexion que naît toute force véritable.

Du duel au duo : la force de la complémentarité

La soirée a proposé une transformation profonde : passer du duel au duo. Non pas effacer la tension, mais la traverser pour découvrir ce qu'elle cache une aspiration profonde à l'entraide, à la solidarité, à la confiance mutuelle.

Cette dynamique se vit entre femmes, dans la sororité et l'écoute. Mais elle se vit aussi dans la complémentarité avec les hommes, en reconnaissant la force de l'intuition et du respect mutuel. Le duel intérieur devient alors un chemin vers l'alignement une expérience universelle qui permet à chacun de mieux se relier aux autres et de contribuer à une société plus juste et plus équilibrée.

Une équipe d'experts à l'écoute

La richesse de cette soirée tient à la diversité des regards qui l'ont éclairée. Chaque intervention a été un cadeau pour les oreilles, pour le cœur, et pour la conscience.

Docteure Aicha Bacha a replacé le duel intérieur dans son contexte sociologique plus large : comment la société construit, génération après génération, des injonctions qui s'impriment en nous et deviennent des conflits intimes. Elle a montré avec rigueur comment les structures sociales les normes, les rôles assignés, les attentes collectives façonnent notre rapport à nous-mêmes, souvent à notre insu. Elle a également posé un regard technique et professionnel sur l'écriture d'Amina Nsenga, soulignant comment le message du livre Le Duel, Le Duo de la Teranga parvient à traduire ces réalités sociologiques en une parole intime, accessible et libératrice un pont rare entre la rigueur de l'analyse et la chaleur du témoignage humain.

Laetitia Lusakivana a offert ce que l'on retiendra longtemps : une explication sans pareille, portée avec une douceur désarmante, sur le fonctionnement du cerveau. Sans jargon, sans distance, elle a donné des clés concrètes, des conseils orientés et applicables dès ce soir-là. Une intervention qui fut à la fois un régal pour les oreilles et une profonde remise en question celle qui pousse à agir, pas à ruminer.

Nathalie Van Opstal a accompli ce soir-là l'exercice le plus difficile et le plus courageux : parler d'elle-même. De ce qu'elle vit, de ce qu'elle traverse dans ce domaine qu'elle connaît si bien professionnellement. En recontextualisant son témoignage dans sa pratique de psychologue, elle a montré que les thérapeutes aussi sont des êtres humains en chemin et que cette humanité partagée est précisément ce qui rend l'accompagnement vrai.

Maman Sissi, qui partage avec Amina Nsenga une relation aux contours du début d'une rencontre chaotiques, a livré une vérité d'une profondeur rare : la grandeur de l'âme se découvre précisément là où l'on choisit de ne pas s'arrêter sur le jugement orienté par la perception des autres. C'est dans ces relations complexes, traversées de malentendus et de frictions, que se révèle ce qu'on est vraiment et ce qu'on choisit de devenir.

Angelica N'kashama a parlé de ce lien qui ne passe pas par le sang mais par le cœur ce lien de sœur de cœur qui porte et qui accueille, inconditionnellement. Celle qui est là non parce qu'elle y est obligée, mais parce qu'elle a choisi d'y être. Une parole sur la sororité choisie, construite, précieuse comme peu de choses le sont.

La voix du public : quand la salle devient actrice

La soirée n'a pas été un monologue d'experts face à un public passif. Elle a été vivante, traversée par des voix venues de la salle qui ont dit, elles aussi, quelque chose d'essentiel.

Monsieur Pino Fulco, enfant de la rue devenu homme debout, a pris la parole avec une émotion palpable. Il a déclaré que celle qui l'a véritablement construit, qui a été le socle de sa reconstruction, n'est autre que son épouse Nathalie Van Opstal, présente ce soir-là sur le panel. Un témoignage bouleversant sur la force silencieuse de la femme qui accompagne, qui tient, qui croit en l'autre parfois bien avant que l'autre ne croie en lui-même. Une déclaration d'amour publique, rare et courageuse, qui nous rappelle que la gratitude se doit d'être nommée à voix haute et que la force de l'alignement, lorsqu'elle est vraiment vécue, conduit aux plus belles histoires. Ce moment a suspendu le temps dans la salle. Personne n'a regardé ailleurs.

Loyda Sensores a posé la question que beaucoup portaient sans oser la formuler : comment orienter ses clients lorsqu'ils se trouvent dans la fracture mentale, ce moment où tout vacille et où les repères disparaissent ? Une question professionnelle, humaine, urgente  qui a ouvert un espace de réflexion collective sur la responsabilité de ceux qui accompagnent.

Anna Romano, depuis le public, a pris la parole avec une sincérité désarmante. Forte de son expérience vécue aux côtés de Laetitia Lusakivana dans un parcours d'accompagnement, elle a choisi de nommer non pas ce qu'elle avait reçu, mais ce qu'elle ne voulait surtout pas transmettre à son tour ces schémas, ces postures, ces réflexes appris qui, si on n'y prend garde, se reproduisent malgré soi. Une prise de conscience lucide et courageuse, celle de quelqu'un qui a décidé que la chaîne s'arrêterait là, avec elle.

Bakhta Benzaza a choisi de clore ses mots par un remerciement sincère au panel. Elle qui a fait le choix, aujourd'hui, d'accompagner les enfants, a dit ce qu'elle retenait de cette soirée  et dans ses mots, on entendait non seulement la gratitude, mais la confirmation d'une vocation, la clarté d'une direction choisie avec le cœur.

Un mot pour chacun : la force des rencontres qui contruisent

Il y a eu, ce soir-là, un moment particulier. Un moment suspendu, inattendu, qui a peut-être touché plus profondément que tout le reste. Amina Nsenga a pris le temps de s'adresser personnellement à chaque personne qu'elle connaissait dans l'assemblée. Non pas pour les saluer en passant, non pas pour les remercier d'une formule convenue mais pour dire, devant tous, ce que chacune de ces personnes représente dans son parcours. Ce que cette rencontre a changé en elle. Ce que cette présence lui a apporté, parfois sans que l'autre le sache.

Un mot juste, précis, sincère, pour chaque visage familier dans la salle. Expliquant comment chaque rencontre, chaque relation simple ou complexe, douce ou bousculante a contribué à faire d'elle celle qu'elle est aujourd'hui. Comment chaque personne, à sa façon et à son moment, a été une pièce de ce puzzle intérieur qu'elle a mis des années à assembler.

Ce geste rare a dit, mieux que n'importe quel discours, ce qu'est le matrimoine vécu : non pas un concept abstrait, mais une réalité incarnée, faite de visages, de mots échangés, de liens qui transforment. Il a rappelé à chacun dans la salle que sa présence dans la vie des autres n'est jamais anodine et que prendre conscience de cela, c'est déjà commencer à se relier autrement au monde.

Le matrimoine : héritage et transmission

La soirée a également évoqué le concept puissant de matrimoine cet héritage qui se tisse au-delà du sang, à travers les transmissions invisibles, les rencontres qui transforment, les mots reçus au bon moment. Ces héritages façonnent nos identités et nourrissent notre capacité à créer des liens authentiques et solidaires.

Cette réflexion trouve un prolongement direct dans les livres présentés lors du vernissage. Le premier ouvrage, Une feuille de route d'un parcours de vie que beaucoup taisent, met en lumière les chemins intimes que les femmes empruntent dans le silence. Le second, Le Duel, Le Duo de la Teranga, éclaire pleinement le thème de la soirée : la transformation du duel intérieur en duo, dans la vie personnelle comme dans les relations avec les autres. Ces tensions intérieures peuvent devenir des forces de solidarité, de sororité et de complémentarité universelle.

La Teranga : accueillir et partager

Portée par l'esprit de la Teranga accueil inconditionnel, bienveillance sans calcul, partage généreux la soirée a invité chacun à bâtir une sororité consciente, inclusive et ouverte, au service d'une humanité plus alignée et plus harmonieuse.

La Teranga, c'est recevoir l'autre comme un hôte précieux. C'est aussi apprendre à se recevoir soi-même avec cette même douceur. Car on ne peut offrir aux autres ce qu'on ne s'est pas d'abord accordé.

On repart de cette soirée avec quelque chose de rare : un sentiment d'élévation, de clarté sur soi-même et une envie profonde d'appliquer ces enseignements dans ses relations et dans la société.

Le duel intérieur ne disparaît pas. Mais il se transforme. Et cette transformation rayonne bien au-delà de soi vers une humanité plus consciente, plus équilibrée, plus solidaire. C'est cela, l'esprit vivant de la Teranga.

Et vous ?

Cette soirée a ouvert des espaces intérieurs que l'on n'ose pas toujours explorer seul. Elle a posé des mots sur des silences, et allumé des lumières là où l'on ne voyait plus très bien.

Alors nous vous posons la question à vous qui avez vécu cette soirée, à vous qui la découvrez à travers ces lignes :

Quel est le duel intérieur que vous portez en silence depuis trop longtemps et quelle est la première chose concrète que vous êtes prêt à faire, dès aujourd'hui, pour commencer à le transformer en duo ?

Partagez votre réflexion en commentaire. Votre mot, votre prise de conscience, votre question aussi petite soit-elle pourrait être exactement ce dont quelqu'un d'autre a besoin de lire aujourd'hui.

Parce que le chemin du duel au duo, on le marche mieux quand on sait qu'on n'est pas seul à le marcher.

En savoir plus  
31Mar

AMINA NSENGA LUTUMBA NDOY Six livres. Une vie. Un manifeste. De la fureur d'exister sans être vue (La Fureur de l'Invisibilité), à l'amour né dans l'invisible et jamais nommé (L'Ancrage des Cœurs et de l'Âme), en passant par la transformation des duels en alliances (Le Duel, le Duo, la Teranga), la dignité des parents solos invisibles (#SOLOEOTOP), la réconciliation des héritages féminin et masculin (Mon Matrimoine, Ma Puissance), jusqu'à la vision d'un leadership enraciné et rayonnant (La Gardienne des Cinq Horizons). Amina Nsenga Lutumba Ndoy a écrit l'escalier qu'elle a elle-même gravi. Pour que d'autres se relèvent. Brillent. Transmettent.

Par Christiane Reveno 

CR : Amina, avant même de parler de vos livres, parlez-nous un peu de vous...

Je suis une femme qui a cherché. Longtemps. Dans le bruit, dans le silence, dans les blessures, dans les rencontres. Je suis une mère solo qui a appris que la solitude n'est pas une sentence c'est une école. Je suis une Africaine de la diaspora qui a compris que ses racines ne la limitaient pas, elles la portaient. Et aujourd'hui, je suis quelqu'un qui a décidé de tout mettre par écrit non pas pour être lue, mais pour que celui ou celle qui me lit se retrouve.

CR : "La Fureur de l'Invisibilité" votre premier livre a un titre qui en dit long mais c'est un peu plus complexe que ça ...

Il dit tout et il cache encore beaucoup. La fureur, ce n'est pas la colère stérile. C'est cette énergie brute qui monte quand on se rend compte qu'on a existé sans être vu. Qu'on a aimé sans être reconnu. Qu'on a porté, soutenu, construit dans l'ombre.

Ce livre est le cri de toute femme, de tout être humain, qui a porté des blessures sans nom, des forces non reconnues, une identité niée ou effacée. Il dit : tu existes. Tu as toujours existé. C'est un livre de leadership au sens le plus profond pas celui des podiums, mais celui de la reconstruction intérieure.

CR : Il y a un deuxième ouvrage "Le Duel, le Duo, la Teranga " Quelle place lui donnez-vous par rapport au précédent ?

C'est le pivot. Le moment où l'on cesse de se battre contre et où l'on apprend à se battre avec. Le duel, c'est la guerre intérieure contre ses blessures, contre les regards, contre ce que la société a décidé de faire de vous. Le duo, c'est la découverte que l'autre même imparfait, même absent, même invisible peut devenir un allié de transformation.

Et la Teranga vient envelopper tout cela. L'hospitalité sénégalaise, ce n'est pas simplement ouvrir sa porte c'est ouvrir son âme. Accueillir l'autre dans ce qu'il a de plus vrai, même quand ça dérange. Chaque femme qui m'a façonnée mes mères, mes sœurs, mes mentors silencieuses incarne cette Teranga. Ce livre rend hommage à ces piliers que l'Histoire n'a pas toujours su nommer.

CR : Parlons maintenant de "L'Ancrage des Cœurs et de l'Âme" c'est là que vit votre histoire la plus insaisissable...

Oui. Ce livre est le plus intime de tous. Au cœur de cet ancrage, il y a une présence que j'appelle l'âme sans visage. Une connexion profonde, spirituelle, émotionnelle, née dans l'invisible quelqu'un dont la voix et les mots traversaient la distance et touchaient quelque chose de fondamental en moi, sans jamais avoir de visage concret dans ma vie quotidienne.

C'est dans ce livre que vit l'amour né dans l'invisibilité. Un amour qui n'a pas eu de nom pendant longtemps. Qui n'a pas eu de visage. Et qui pourtant a tout transformé. Le cœur est en flou. On cherche. On ne sait pas toujours ce que l'on ressent ni comment le nommer. Est-ce de l'amour ? De l'amitié ? De l'âme à âme ?

Et cette impossibilité de nommer est elle-même une vérité humaine universelle. Combien de personnes portent en elles une connexion qu'elles n'ont jamais pu mettre en mots ?

L'âme sans visage est ce pilier entremêlé au cœur une présence intérieure qui éclaire, soutient, et inspire la confiance en la vie. Et quelque part, on est toujours à la recherche de cette fameuse solution : apprendre à aimer ce que l'on ne peut pas retenir. Ce livre dit : c'est réel. Même sans nom. Même sans visage. Même sans lendemain.

CR : S'agissant de " #SOLOEOTOP " vous y abordez la monoparentalité sous un angle que beaucoup on du mal à nommer.... ou ne l'osent pas...

Oui. Et c'est précisément parce que personne ne l'ose que je dois le faire.

On parle beaucoup des mamans solos. Trop peu des papas solos. Et quand on en parle, c'est souvent pour les juger le père absent, le père qui a fui. Mais il y a une réalité que la société ne veut pas regarder en face : il y a des pères qui voudraient être là et que le système empêche d'être là. Des pères que la loi, les procédures, les préjugés écartent. Des pères qui démissionnent non pas parce qu'ils ne veulent pas, mais parce qu'on ne leur laisse pas la place.

Ce ne sont pas des pères qui fuient. Ce sont des pères que la société ne voit pas, ne nomme pas, n'accompagne pas.

#SOLOEOTOP nomme cela. Sans complaisance, mais sans condamnation non plus. La monoparentalité n'est pas un échec c'est une réalité complexe, humaine, qui mérite d'être accompagnée. Pour les mères, pour les pères, et surtout pour les enfants qui grandissent en les regardant vivre debout.

CR : Pour ce qui est de "Mon Matrimoine, Ma Puissance " Quel mot utiliseriez-vous si vous ne pouviez en choisir qu'un pour le résumer .... 

Je dirai complètude. C'est le livre de la réconciliation avec soi. Le matrimoine cet héritage transmis par les femmes, les gestes, les voix, les sacrifices, les silences n'appartient pas qu'aux femmes. Nous avons tous été façonnés par des femmes. Et à côté de cet héritage féminin, il y a l'héritage masculin : les pères, les figures qui ont transmis la direction, la structure, la projection.

Retrouver sa puissance, c'est rassembler ces deux lignées. Ne plus avancer avec une mémoire fragmentée. Ce livre est aussi l'aboutissement de tout ce que j'ai traversé l'âme sans visage, les duels, les ancrages, les fureurs. C'est le moment où je peux dire : je sais qui je suis. Je sais d'où je viens. Et cette connaissance est ma puissance.

CR : En ce qui concerne "La Gardienne des Cinq Horizons", on peut parler de la synthèse ?

C'est bien plus qu'une synthèse. C'est une vision. La Gardienne, ce n'est pas moi seule c'est chaque femme, chaque être humain qui refuse de choisir entre ses racines et ses ailes. Qui embrasse l'innovation sans perdre son humanité. Qui s'élève en élevant autour d'elle.

Ces cinq horizons l'identité, la résilience, le leadership collectif, la transmission, la synthèse vivante sont le chemin que j'ai marché sans toujours le savoir. Ce livre dit : vous pouvez marcher ce chemin aussi. Pas comme moi. Comme vous.

CR : Au-delà du fait que vous êtes la plume qui a donné vie à ces six ouvrages... Quel est leur dénominateur commun....Le fil rouge qui traverse ces six livres.... 

La reconnexion identitaire. Savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va. Transformer ce que l'on a vécu même le plus douloureux en héritage transmissible.

Ce n'est pas de la résilience au sens passif. C'est de la puissance active. Ces six livres sont une école de vie. Un manifeste de leadership basé non pas sur les diplômes, mais sur la vérité de qui l'on est. Chaque livre est une marche. On ne les monte pas toutes en même temps on prend le temps de poser le pied, de sentir le sol, de reprendre son souffle. Et à chaque marche, on voit un peu plus loin.

Ensemble, ils forment un escalier un levier pour élever, éclairer et faire briller chaque personne impactée dans sa communauté, dans son environnement, dans sa vie.

CR : Avez-vous un message à passer à vos lecteurs et à ceux qui le deviendront?

Je vous écris depuis l'endroit où ça fait le plus mal et depuis l'endroit où ça brille le plus fort. Ces deux endroits sont souvent le même.

Si vous êtes une femme qui a porté en silence, ce livre est pour vous. Si vous êtes un père solo que la société a rendu invisible, ce livre est pour vous. Si vous avez aimé quelqu'un sans pouvoir nommer ce que vous ressentiez, ce livre est pour vous. Si vous cherchez vos racines pour mieux déployer vos ailes, ce livre est pour vous.

Je n'écris pas pour être admirée. J'écris pour que vous vous releviez. Pour que vous brilliez dans votre communauté, dans votre famille, dans votre solitude aussi, quand elle vient. Parce que la lumière que vous portez ne vous appartient pas seulement. Elle appartient à tous ceux que vous allez encore impacter.

Levez-vous. Lisez. Transmettez.

— Amina Nsenga Lutumba Ndoy

Pour suivre Christiane Reveno 

https://www.linkedin.com/in/christiane-reveno?utm_source=share_via&utm_content=profile&utm_medium=member_android

https://histoiredumondenoir.fr/

En savoir plus  
26Mar

L’ancrage juste Mon corps a dit stop. Brutalement. Et j’ai découvert qui j’étais vraiment : fragile, mais réelle. Aujourd’hui, je choisis d’être ancrée, de décider depuis ma vérité, pas depuis la peur. Et toi, es‑tu prête à revenir à toi-même ?

On parle souvent de force, de résilience, de capacité à tenir. Mais on parle beaucoup moins d’un moment essentiel : celui où tout s’arrête.Ce moment où le corps, la vie ou les circonstances te forcent à ralentir… voire à t’arrêter complètement. C’est souvent là que commence quelque chose de plus profond :le retour à soi.

L’ancrage juste : ma posture, mon choix

Je vais te dire quelque chose de vrai.

Il y a eu un moment dans ma vie où mon corps a dit stop. Pas doucement. Brutalement. Une maladie. Une opération lourde. Et surtout… un corps qui ne répondait plus comme avant. Je ne rentrerai pas dans tous les détails. Certaines choses restent à moi. Mais ce que je peux te dire, c’est ça :quand ton corps te lâche… tu découvres qui tu es sans lui. Et crois-moi, ça change tout.

Il y a eu des jours où ma tête voulait avancer, mais mon corps refusait de suivre. Des jours où je n’étais pas juste fatiguée…j’étais épuisée de l’intérieur. Comme si la lumière s’était éteinte en moi. Et dans cet espace-là…entre ce que je voulais être et ce que je pouvais réellement donner…j’ai perdu beaucoup de choses. Mes repères.  Mon rythme. Mes certitudes.

Mais c’est aussi là que quelque chose d’essentiel s’est passé.

Je me suis rencontrée. Vraiment. Pas la femme forte. Pas celle qui gère tout. Juste moi. Fragile. Vraie. Et c’est cette version de moi qui a décidé de se reconstruire autrement. Pas dans la course. Pas dans la performance. Mais dans l’ancrage.

Et toi, où en es-tu aujourd’hui ?

Qu’est-ce qu’il a fallu dans ta vie pour que tu sois obligée de t’arrêter ?Parce qu’on ne s’arrête presque jamais “par choix”.Il faut souvent un choc. Une fatigue profonde. Une rupture. Un vide. Mais le message est toujours le même :quelque chose en toi demande à être entendu.

Aujourd’hui, je ne cherche plus à être partout. Je ne cherche plus à répondre à toutes les attentes. Je choisis d’être juste. D’être présente. D’être alignée. Et ce choix a tout changé.

Quand on n’est plus ancrée, on se perd

Peut-être que tu te reconnais. À vouloir faire beaucoup. À vouloir prouver. À porter pour tout le monde. Mais dis-moi…À force de tout porter,est-ce que tu ne t’es pas oubliée, toi ?

Alors prends un instant. Qu’est-ce qui t’épuise sans te nourrir ?Qu’est-ce qui ne te ressemble plus aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu continues à accepter… par habitude ou par peur ? Ces réponses sont déjà un début.

S’ancrer, c’est choisir

S’ancrer, ce n’est pas être parfaite. C’est faire des choix vrais. Pendant ma convalescence, je ne pouvais plus faire semblant. Alors j’ai dû choisir : où mettre mon énergie, à qui la donner, et pourquoi.

Et toi…

Qu’est-ce que tu gardes encore dans ta vie alors que tu sais que ça ne t’appartient plus ? On nous a appris à tenir. Mais pas toujours à nous choisir. Et pourtant… se choisir, ce n’est pas de l’égoïsme. C’est du respect.

Écouter sa propre voix

Pendant longtemps, j’ai agi sous pression. Par peur. Par urgence. Puis il y a eu le silence. Et dans ce silence…j’ai enfin entendu ma voix.

Aujourd’hui, je te pose cette question :Est-ce que tu vis selon ta vérité…ou selon les attentes des autres ?

Le vrai leadership commence ici

Ton pouvoir ne vient pas de ce que tu fais. Il vient de ton ancrage. De ta capacité à rester fidèle à toi-même. Même quand c’est inconfortable.

Observer. Choisir. S’aligner.

Ces trois piliers sont devenus une méthode. Parce que trop de femmes sont fortes en apparence…mais épuisées à l’intérieur.

Conclusion : revenir à soi 

Tu n’as pas besoin d’en faire plus. Tu as besoin d’être plus vraie. Ton ancrage est ta force. Ton centre. Ta direction. Alors je te laisse avec ça : Et si aujourd’hui était le jour où tu décidais de ne plus t’abandonner ?

En savoir plus