18Mar

Le piège du pourvoyeur On lui a appris une seule chose : subvenir. Protéger. Assurer. Toute son identité d'homme, de père, de compagnon construite là-dessus. Entièrement. Profondément. Et puis la séparation arrive. Et avec elle l'impossible. Un salaire. Une pension. Un loyer. Des engagements qu'on ne peut plus honorer. Une dignité qui s'effrite facture après facture. Que reste-t-il d'un homme qu'on a formaté à être pourvoyeur quand il ne peut plus l'être ? Il reste la honte. Le silence. Et une santé mentale mise à nu que personne ne voit, personne n'accompagne, personne ne nomme. Ce n'est pas un homme qui démissionne. C'est un homme qu'on a construit dans un seul rôle et à qui la vie a retiré ce rôle sans lui en proposer un autre. Il est temps de changer ça.

Ce qu'on ne dit pas!


On crie au loup. Facilement. Rapidement. Sans se retourner. Un père qui s'éloigne et le verdict est déjà rendu absent, démissionnaire, mauvais père. Trois mots. Zéro nuance. Et une vie entière réduite à une case. J'en ai assez de ce mensonge-là.


Soyons clairs 

Je ne parle pas de ceux qui organisent leur démission. Ceux-là existent je ne les cache pas, je ne les excuse pas. Je parle de ceux que j'ai rencontrés. Écoutés. Regardés dans les yeux. Ces hommes qui se sont confiés dans l'intimité d'un accompagnement pas pour se plaindre, mais parce qu'ils n'avaient plus personne pour les entendre sans les condamner. Ces hommes-là m'ont appris quelque chose que les discours publics refusent encore de dire.


La vérité que personne n'ose nommer.

On a formaté ces hommes à être des pourvoyeurs. Leur valeur, leur place, leur identité tout était lié à leur capacité à subvenir, à protéger, à assurer. Et puis la séparation arrive. Elle fracture tout le sentiment, le foyer, le rôle, la place dans le monde. Et avec elle, une équation impossible : un salaire, une pension alimentaire, un loyer à trouver, une vie à reconstruire.

Louer petit le seul logement accessible quand les fins de mois ne bouclent plus ne permet pas toujours de recevoir ses enfants dignement. Pas assez de place pour qu'ils dorment. Pas assez d'espace pour qu'ils vivent. Alors le père préfère ne pas les faire venir plutôt que de leur montrer une précarité qui lui dévore la dignité. 

Et derrière tout cela il y a cet homme qui n'arrive plus à assumer ses factures. Qui ne peut plus honorer certains de ses engagements. Pas par mauvaise volonté. Par impossibilité réelle. Cet homme qui se lève chaque matin avec le poids de ce qu'il doit et de ce qu'il ne peut plus. Qui porte la honte de ne pas être à la hauteur de ce qu'on attend de lui de ce qu'il attendait de lui-même.Ce n'est pas de l'absence. C'est un homme qui s'effondre debout. Et que personne ne regarde tomber.


La santé mentale le grand tabou

Dans cette séparation, la santé mentale de ces pères est mise à nu. Fragilisée. Parfois brisée. Un homme formaté à être fort qui ne peut plus subvenir. Un père qui regarde ses enfants grandir de loin sa propre chair, son propre sang comme un étranger dans leur vie. Un être humain dépouillé de son rôle, de son logement, de sa dignité écrasé par le regard d'une société qui le juge sans le comprendre, et par l'incompréhension de l'autre camp qui ne voit pas ce qui se passe derrière les rendez-vous manqués. 

Derrière chaque rendez-vous manqué, il y a parfois un homme qui n'a pas pu payer le transport. Qui travaillait la nuit pour survivre. Qui n'arrivait plus à honorer ses engagements les plus simples et qui avait trop honte pour expliquer pourquoi. Qui s'effondrait seul, sans filet, sans soutien, sans qu'on lui tende la main.


Ce qu'on n'enseigne pas assez

Il y a aussi ces enfants. Élevés avec justesse, avec amour, avec tout ce que le portefeuille permettait et parfois au-delà. Des pères qui se sont saignés pour donner, pour offrir, pour compenser l'absence subie. 

Et pourtant. Des enfants qui grandissent sans mesurer ce que l'absence ou le manque de moyens coûte vraiment à un père. Sans comprendre que derrière le rendez-vous manqué, il y avait peut-être un homme qui ne pouvait pas pas un homme qui ne voulait pas. Un homme qui ne pouvait pas assumer ses factures ce mois-là. Qui n'a pas pu honorer sa promesse non par manque d'amour, mais par manque de moyens. 

Ce n'est pas leur faute. C'est notre responsabilité collective de leur apprendre à voir au-delà des apparences. À ne pas confondre manque de moyens et manque d'amour. À comprendre que la présence d'un parent ne se mesure pas à ce qu'il peut offrir matériellement mais à ce qu'il se bat pour donner malgré tout.


La Journée Mondiale du Parent Solo  c'est aussi ça

La Journée Mondiale du Parent Solo ne célèbre pas seulement la force de ceux qui portent. Elle interpelle. Elle questionne. Elle demande à la société tout entière aux institutions, aux familles, aux enfants devenus grands de regarder la réalité de la monoparentalité dans toute sa complexité. C'est reconnaître que derrière chaque parent solo, il y a une histoire. Une douleur. Un combat invisible. Un homme qui n'arrive plus à boucler ses fins de mois, à assumer ses factures, à honorer ses engagements et qui se bat quand même. Silencieusement. Dignement. Seul. C'est dire à ces pères : tu comptes. Ton combat compte. Tes enfants, un jour, comprendront.


Il est temps

Il est temps de reconnaître ces pères qui veulent mais qui se retrouvent démunis économiquement, émotionnellement, socialement. Il est temps de les soutenir. De les accompagner. De créer les espaces où ils peuvent souffler, se reconstruire et retrouver leur dignité de père. La coparentalité la vraie ne se résume pas à un planning d'alternance. Elle demande à chacun des deux camps d'apprendre à voir ce qui se passe derrière les silences. Derrière les absences. Derrière les rendez-vous manqués. Derrière les factures impayées et les engagements non tenus. Elle demande de l'humanité là où la douleur pousse à juger.


Ce que je dis à ces papas

Tu n'es pas un monstre. Tu es un homme épuisé, dépouillé, debout malgré tout. Tu n'arrives plus à assumer certaines factures. Tu n'as pas pu honorer certains engagements. Et cette honte-là cette honte silencieuse que tu portes seul elle est réelle. Elle est lourde. Et elle ne devrait pas être la tienne seul. Ta douleur est légitime. Ton amour est réel. Tu mérites qu'on te tende la main pas qu'on te montre du doigt. Bats-toi. Demande de l'aide. Tu n'as pas à traverser ça seul.


C'est pour ça que la Journée Mondiale du Parent Solo et les Assises de la Tribune des Papas Solos existent. Parce que ces hommes méritent un espace pour être vus, entendus, relevés. Et pour redevenir les pères qu'ils ont toujours voulu être.

— Amina Nsenga

En savoir plus  
17Mar

Elle ne le verra peut-être jamais. Pourtant, il est là dans ses mots, ses silences, sa voix qui traverse la distance. Sur la terre de la Teranga, une femme accompagne une âme en épreuve. Sans visage. Sans lendemain. Avec une sincérité absolue. Ce livre est le récit de ce qui naît dans l'invisible et de ce qui reste quand tout a été dit. Pour tous ceux qui ont aimé sans pouvoir nommer ce qu'ils ressentaient.

Ce qu'on ne nomme pas existe quand même

Il existe des livres qu'on choisit d'écrire.Et des livres qui s'imposent parce que la vie ne laisse pas le choix. L'Ancrage des cœurs et de l'âme est de ceux-là.

Une rencontre sans visage. Une vérité sans détour.

Tout commence par quelques mots posés sous une publication. Une phrase simple. Juste comme une note qui tombe au bon endroit. Et dans cet espace numérique, entre deux âmes qui gravitent autour des mêmes convictions la foi, la femme, l'Afrique, la poésie quelque chose naît. Silencieusement. Irrémédiablement.

Elle est loin de chez elle. Nouvellement musulmane. Encore en train d'apprendre à vivre entre la peur qui éveille et la paix qui répond. Lui traverse une épreuve profonde  une de ces douleurs silencieuses qui réorganisent tout sans faire de bruit.

Ils ne se verront peut-être jamais.

Et pourtant des vocaux murmurés dans la nuit, des écrits traversés d'humanité, des silences appris à lire comme on lit une prière quelque chose de réel se construit. Quelque chose qui n'a pas besoin de contours pour exister.

Ce livre est le récit de cette traversée.

Ce que ce livre ose dire

Il ose dire que certaines rencontres sont des réponses à des prières qu'on n'a pas encore formulées.

Il ose dire que la femme qui accompagne sans s'effacer, qui donne sans calculer, qui porte tout le monde avant de se porter elle-même cette femme-là mérite d'être vue. D'être nommée. D'être honorée.

Il ose dire que le corps ne ment pas. Qu'un dos qui lâche le matin d'un départ prévu pour souffler n'est pas une coïncidence c'est un aveu. Celui d'une femme qui s'est trop oubliée. Qui a tenu pour les autres jusqu'au jour où ses vertèbres ont dit ce que sa voix refusait d'admettre : trop. depuis trop longtemps. sans retour.

Il ose dire qu'on peut partir avec dignité. Fermer une porte avec paix. Aimer sans rancœur. Et repartir  debout, entière, ancrée  sans que ce soit une défaite.

La Teranga comme philosophie de vie

Au cœur de ce livre, une terre. Le Sénégal et sa Teranga  cette conviction profonde que l'autre mérite d'être accueilli dans sa douleur, sans condition, sans attente. Que l'étranger qui frappe à ta porte n'est pas un inconnu c'est un frère que tu n'as pas encore rencontré.

L'islam et la Teranga se rejoignent ici dans le même souffle : honorer l'autre, c'est honorer Dieu. Accompagner quelqu'un dans sa nuit, c'est un acte de foi le plus silencieux, le plus grand qui soit.

Amina Nsenga n'a pas écrit un traité. Elle a vécu ce qu'elle écrit.Et c'est précisément pour cela que chaque page transpire le vrai.

Trois parties. Une trajectoire.

L'invisible  la genèse. La voix qui devient présence. Le silence qu'on apprend à lire. Les lettres à une âme sans visage.

Là où règne la Teranga  l'élévation. L'accueil comme acte de foi. La femme qui accompagne. La paix qui naît de la générosité vraie.

L'ancrage ce qui reste. Les vérités échangées sans masque. L'au revoir digne. La porte fermée avec paix. La femme debout qui repart vers elle-même.

Pour qui ?

Pour celle qui a tout donné et dont personne n'a vu le prix.

Pour lui pour qu'il comprenne, un jour, ce qu'il tenait entre ses mains.

Pour tous ceux qui ont aimé dans l'invisible, qui ont été une lumière sans jamais savoir qu'ils éclairaient.

Pour quiconque a douté de la légitimité de ce qu'il ressentait parce qu'il ne voyait pas de visage en face.

Ce livre dit une chose, une seule, avec une clarté absolue :

Ce que tu as vécu était réel. Ce que tu as ressenti existait. Et rien de sincère n'est jamais perdu.

« Allah ne place rien sur notre chemin par hasard. Tout ce qui arrive, arrive pour construire. »

— Amina Nsenga

L'Ancrage des cœurs et de l'âme , disponible sur Amazone

Si ces mots ont touché quelque chose en vous partagez. Quelqu'un, quelque part, attendait peut-être exactement cela.

En savoir plus  
16Mar

Bienvenue sur le blog W.I.S Women's Inspiring Society For Inclusive Leadership. Un espace de vérité, d'inspiration et d'action. Ici, nous croyons que le leadership inclusif ne se décrète pas il se construit, ensemble, avec l'audace des femmes et la responsabilité des hommes. Chaque article est un pas vers un monde plus juste. Bienvenue dans le mouvement.

Le blog de W.I.S (Women's Inspiring Society For Inclusive Leadership)


Ce blog n'est pas un blog comme les autres. Il ne sera pas un espace de plus où l'on parle de leadership en théorie, où l'on empile les conseils et les listes de bonnes pratiques. Non. Ce blog est un espace de vérité, d'engagement et de rencontre entre celles et ceux qui croient, comme nous, qu'un monde plus juste ne se décrète pas. Il se construit, patiemment, courageusement, ensemble. 


Pourquoi W.I.S ?

Tout part d'un constat simple, et pourtant encore trop ignoré : les femmes ont le pouvoir de transformer les sociétés. Elles l'ont toujours eu. Mais ce pouvoir  trop souvent étouffé, bridé, invisibilisé  n'a jamais eu l'espace qu'il mérite. W.I.S est né du refus de cet état de fait. Né aussi de la conviction qu'on ne change pas le monde en excluant la moitié de l'humanité du débat. Les hommes ne sont pas nos adversaires. Ils sont nos partenaires. Et c'est ensemble  avec l'audace des femmes et la responsabilité des hommes  que nous bâtirons un leadership vraiment inclusif, vraiment équitable, vraiment transformateur.


Ce que vous trouverez ici

Des histoires vraies. Des prises de position assumées. Des réflexions sur le leadership, l'identité, l'émancipation et la co-responsabilité. Des voix de femmes qui se sont reconnectées à elles-mêmes pour mieux avancer. Des voix d'hommes qui ont choisi d'être acteurs du changement plutôt que spectateurs. Ici, on ne parle pas d'égalité comme d'un idéal lointain. On la construit, article après article, témoignage après témoignage, conviction après conviction.


Notre credo, notre boussole

« Ensemble, construisons un leadership inclusif et équitable pour transformer la société. »

Ce n'est pas un slogan. C'est une direction. Et chaque mot publié sur ce blog en sera une expression concrète.


Et maintenant ?

Ce premier article est une invitation. À lire, à réagir, à partager. À rejoindre une communauté qui croit que le changement commence par des gens ordinaires qui font des choix extraordinaires. Vous êtes ici. C'est déjà un acte. À très bientôt pour la suite.

L'équipe W.I.S

En savoir plus